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Vendredi
16 mars 2012 - Rencontre internationale
Solidarité
avec la Grèce
Ce jeudi 15 mars, a eu lieu
à
Vénissieux, une rencontre exceptionnelle
intitulée :
Solidarité
internationale, Capital contre travail, en Grèce comme en
France
Avec :
Prokopis Panagoulias,
représentant du KKE en France
Jacques Nikonoff, porte-parole du
M’PEP
Rémy Herrera, économiste(CNRS)
André Gerin, député
communiste du Rhône
Débat animé par Marie-Christine Burricand,
du réseau « Faire Vivre et Renforcer le PCF
», en présence de
Michèle Picard, maire PCF de Vénissieux
Devant la violence
des mesures anti-sociales prises en Grèce par
l’Union Européenne
et la troika qui a mis sous tutelle le parlement grec, la question de
la solidarité internationale est essentielle.
Dans chaque
pays, l’affrontement se fait entre les travailleurs et les
capitalistes qui organisent et utilisent la dette pour
écraser les
salaires et les pensions.
Dans
un pays où la résistance populaire
déboucherait sur une rupture
politique, faudrait-il respecter les directives européennes
ou
prendre le risque du refus et de la sortie ?
Une
révolution est-elle plus facile dans un seul pays
où dans les 27
ensemble ?
L’Union
Européenne est-elle une construction capitaliste ?
Le
texte de mon intervention
Si je prends
l’actualité telle qu’elle est, il y a
trois textes européens
qui vont continuer à mettre à bas les
souverainetés nationales et
populaires.
1°) Le traité de la stabilité, de la
coordination et de la gouvernance au sein de l’Union
européenne
qui a été adopté le 30 janvier 2012
(renforce le carcan de la
discipline budgétaire sur les pays de la zone euro,
c’est la
fameuse règle d’or, la mise sous tutelle des
Etats). Elections
présidentielle et législatives obligent, la
question est différée
à plus tard. Nous pouvons donc nous demander ce
qu’Hollande veut
négocier ?
2°) La révision de l’article 136 du
traité
sur le fonctionnement de l’UE. Lors du vote du 6 mars, le PCF
a
voté contre, le PS s’est abstenu.
3°) Le MES (mécanisme
européen de stabilité) : une nouvelle
procédure qui sort du
système de l’UE. Le PCF a voté contre,
le PS s’est abstenu. De
ce fait, le Sénat, majoritairement de gauche, a permis que
ce
mécanisme soit adopté.
C’est la disparition progressive
des souverainetés nationales. C’est
l’orthodoxie financière.
L’abstention des socialistes est une opération de
camouflage et de
défiance d’autant que François Hollande
ne veut pas remettre en
cause les textes votés et s’il est élu,
il appliquera la règle
d’or.
Il faut se rappeler comment Nicolas Sarkozy a violé
le peuple de France de son vote« Non » à
la Constitution
européenne de mai 2005. Il a réuni le
Congrès de Versailles,
Assemblée nationale et Sénat, alors
qu’ilf aut une majorité des
2/3 pour adopter une modification suite à un
référendum. Le Parti
socialiste, en décidant de s’abstenir, a
cautionné ce vote et
surtout, a trahi la souveraineté populaire pour faire passer
la
Constitution européenne « la concurrence libre et
non faussée
».
Cette actualité confirme que depuis le plan Marshall de
1947, au marché unique de1986, à Maastricht de
1992 et la monnaie
unique (l’euro) qui a plus de 10 ans, un véritable
corset de fer
s’accentue et s’amplifie de manière
dramatique et s’impose à
tous les peuples européens.
Car, avec l’Euro, cela implique
d’aller au bout d’un Etat
fédéral. En défendant
coûte-que-coûte le maintien de l’Euro,
les droites et les partis
socialistes, en ont fait un totem alors qu’avec la crise
systémique
du capitalisme, nous assistons à un véritable
terrorisme du
capitalisme financier.
Nous pouvons regretter la fuite en
avant des dirigeants du PCF et de Jean-Luc Mélenchon qui
défend
l’Euro. Mais il y a une certaine logique à partir
du moment où
Pierre Laurent préside le Parti de gauche
européen.
Aujourd’hui,
nombre de spécialistes sont d’accord,
l’euro est devenu un
boulet. C’est même un pari dangereux
puisqu’il se fait contre
les peuples. Il suffit d’observer la cartographie
géopolitique des
pays européens. Car l’euro a servi la
spéculation contre la
croissance, la généralisation de
l’austérité et le danger est
que tout cela réveille de vieux démons.
Cette Europe de
l’oligarchie de la finance est rejetée par les
peuples
(référendum2005 – France –
Pays-Bas). On impose des diktats
impérialistes, dramatiques pour le peuple grec. On traite
même les
grecs de fainéants. On utilise le mensonge comme si la
Grèce était
un grand Club-Med !
Ce terrorisme du capitalisme financier,
érigé en corset de fer, nie les
identités nationales, tend à
imposer l’uniformité idéologique et
culturelle. C’est la
coercition contre la volonté des nations.
Le plus paradoxale,
aujourd’hui en 2012, se sont les tenants du capitalisme
à tout
crin, qui peuvent tuer dans l’œuf
l’idée même d’union
européenne : tout ce qui a fondé les valeurs
françaises depuis la
révolution,avec une tentative de remise en cause de tout ce
qu’il
y a de meilleur dans notre héritage, y-compris
gréco-romain.
Nous
pouvons affirmer, sans nous tromper, que le capitalisme avait fait
son temps. Pour ce faire, il devient de plus en plus féroce.
Il va
faire des ravages dans une agonie qui peut durer très
longtemps.
Je
ne sais pas si la 3ème guerre mondiale a commencé
mais tout ce qui
se passe autour de nous lui ressemble. Nombre de faits
mortifères se
déroulent dans le monde avec le sentiment d’avoir
affaire à un
rouleau compresseur, de politique tyrannique aveugle et sourde,
d’un
capitalisme du désastre cynique et sans pitié.
Avec Nicolas
Sarkozy, le digne représentant, le Thatcher à la
Française, on se
dit que le capitalisme occidental a perdu de sa superbe.
Nicolas
Sarkozy est bien le dirigeant, l’homme de main du capitalisme
financier qui tente, coûte-que-coûte,
d’étendre des lois et des
règlements pour tenter d’étrangler dans
l’œuf les velléités
de transformation.
C’est bien la rupture avec le mode de
production capitaliste qui est à l’ordre du jour.
Et comme le
disent les communistes grecs du KKE, je cite : «
nous ne
pouvons pas exclure la possibilité de rupture radicale dans
les
années à venir, cela dépend de la
majorité du peuple. Si le
peuple n’en prend pas la décision, il
n’y aura pas de
changement. »
Notre solidarité avec le peuple grec est liée
à notre propre combat pour changer de modèle de
société, pour
construire une alternative au capitalisme car aujourd’hui, le
capitalisme est le principal producteur de l’anticapitalisme,
toutes les métastases qu’il développe.
Jusqu’où les
peuples consentiront à payer sans-cesse et voir la
pauvreté
s’installer pour que survive la dictature de l’euro
? Jusqu’où
les peuples accepteront-ils de remettre en cause un mode de vie, un
art de vivre, une culture millénaire ?
Notre combat
communiste prend une dimension encore plus grande et plus forte sans
lâcher en rien les valeurs et les idéaux du
communisme et du
socialisme.
Au contraire, nous rentrons en résistance.
Peut-être même sous des formes
d’insurrection avec le peuple grec
et les communistes à la tête du mouvement
populaire qui font preuve
de courage et de lucidité.
Les appels au peuple à reprendre
le pouvoir sur les forces occultes contre l’asservissement,
les
appels au peuple pour s’émanciper des
marchés financiers.
Avec
les communistes, les révolutionnaires, les progressistes,
des forces
politiques peuvent se lever pour contrecarrer la dictature du
capitalisme qui impose des formes de fascisme. De fait, quelle que
soit la couleur sous laquelle elles se cachent, c’est le
soulèvement des masses populaires qui est la clé.
Aujourd’hui,
refuser la dictature du court terme, le terrorisme des institutions,
des marchés financiers qu’ils soient nationaux,
européens ou
mondiaux, c’est redonner une chance à la vie,
à l’économie
réelle et au communisme.
Il y aura des réveils douloureux.
Le combat sera long, incertain, voire meurtrier.
Comme le
disait Lénine : «
L’impérialisme est le stade suprême du
capitalisme ». Aujourd’hui, le capitalisme conduit
l’occident à
une remise en cause radicale, de ses pouvoirs, par les pays qui
depuis si longtemps ont été humiliés,
ça commence avec la
Grèce.
Il y a 60 ans, avec le plan Marshall, la priorité a
été la lutte contre le bolchévisme.
Qui peut douter que la
bourgeoisie française des années 30
n’ait pas programmé la
débâcle de 1940 et produit le
pétainisme ?
Qui peut croire
que le nazisme n’ait pas été
exploité et utilisé ?
La
France a accepté la vassalisation qu’impliquait le
plan Marshall.
Aujourd’hui,il faudrait accepter la régulation,
l’adaptation,
l’accompagnement du capitalisme et pour certains, on nous
parle
même de penser à un capitalisme
civilisé !
Et pourtant, le
mythe de l’Europe capitaliste est à
l’agonie. Cette agonie peut
être dévastatrice mais peut être aussi
un point de ralliement et
de rassemblement des peuples.
En 1920, le Congrès de Tour
appelait tous les prolétaires des pays à
s’unir. Aujourd’hui
avec la Grèce, on peut appeler tous les peuples des pays
à s’unir
et je pense au monde ouvrier, au monde du travail, aux classes
ouvrières, aux intellectuels et je crois plus que jamais
à la
régénération du parti communiste
français pour sortir de l’OPA
du parti socialiste par Jean-Luc Mélenchon
interposé.
Comme
disait Karl Marx, il faut sortir de la préhistoire de
l’humanité.
C’est peut-être ce que nous sommes en train de
vivre.
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