Mardi 13 décembre 2011 - Conférence de presse
Législatives juin 2012 : pourquoi je ne suis pas candidat

Je ne sollicite pas un nouveau mandat de député en juin 2012. Elu depuis mars 1993, j’ai accompli 24 années maire de Vénissieux, 35 ans de mandat à la Région, au Conseil général, à la Communauté urbaine, et au Sytral.

Je serai dans ma 67ème année. Je veux laisser la place au renouvellement et au rajeunissement.

En dissidence depuis le congrès PCF de Martigues de mars 2000 sous la direction de Robert Hue, je constate que la vie m’a donné raison.

Je suis plus déterminé que jamais à mener un combat national, plus libre encore.

Je crois en la régénérescence du PCF. Je me situe dans la perspective du prochain congrès qui se tiendra en décembre 2012. C’est pourquoi je ne soutiendrai pas Jean-Luc Mélenchon.

Je fais le pari qu’aux élections législatives de juin prochain, il y aura un nouveau député communiste pour Rhône-Alpes.

Quant à l’élection présidentielle d’avril 2012, et nous le voyons déjà dans l’actualité, elle nous prépare bien des surprises.

Nous pouvons même nous interroger sur les candidatures qui seront présentes au second tour. Pourquoi ne pas imaginer une éviction des candidatures PS et UMP  avec François Bayrou comme 3ème homme en ligne de mire ? C’est un scénario tout-à-fait plausible qui pourrait mettre fin à la bipolarisation de la vie politique française, face, une nouvelle fois, au Front national.

La majorité de notre peuple a une telle défiance des institutions qu’elle ne fait plus confiance aux partis politiques.

Le malaise est profond. Nous le sentons bien, nous vivons moins bien qu’avant.  Ce malaise va s’accentuer pour nos enfants et les générations futures. Depuis des années, les employés, les ouvriers se sentent abandonnés. Les ghettos de la République sont toujours présents. Les ingénieurs, les cadres, les techniciens se sentent déclassés. Sarkozy et l’UMP représentent le passé. Avec ce Président, nous avons notre Thatcher à la Française.

La semaine qui vient de s’écouler confirme que la France est sacrifiée sur l’autel de la grande finance. C’est la dictature des marchés.

A quel titre la France devrait dépendre de tel ou tel pays pour sa souveraineté nationale ? Ceci me rappelle la chanson de Michel Sardou dans laquelle il disait : « la France m’a laissé tomber » à propos du paquebot.

Nous pouvons sérieusement nous demander, quand nos décideurs politiques et économiques vont-ils s’occuper de la France. Car la France, ils l’ont laissée tomber. Et j’en ai pour preuve le viol de la souveraineté populaire obtenue par le référendum sur la Constitution européenne le29 mai 2005. C’est l’abandon de notre souveraineté sur toute sa ligne.

L’échec de l’Euro se profile et de plus en plus de Français s’interrogent sur le retour du Franc. Ils estiment que l’Euro est un handicap pour l’économie française, un handicap pour faire face à la crise économique et financière. Ils disent aussi que la monnaie unique est plutôt un handicap pour le pouvoir d’achat car les prix ont explosé.

Dans ce contexte, je veux être un candidat virtuel à l’élection présidentielle, n’ayant pas les moyens d’être un candidat officiel.

Je serai présent politiquement pour aller à la reconquête des abstentionnistes et des électeurs du Front national dans ma circonscription.

Je veux le faire en tant que communiste et républicain, à l’image des révolutionnaires de 1789, défendre d’arrache pied  les libertés, l’égalité, la souveraineté populaire.

Une nouvelle « nuit du 4 août » serait la bienvenue pour mettre fin aux privilèges.

C’est la seule manière, pour la gauche et les communistes, de construire une alternative pour un changement durable.

Comme je l’ai fait dans la ville de Vénissieux depuis 1995, il ne faut plus laisser aucune question au Front national, en revanche, il faut accepter de regarder en face les réalités dérangeantes, défendre les valeurs et les idéaux républicains issus du siècle des Lumières,promouvoir toute la richesse de notre culture européenne, porter haut et fort les valeurs morales, civiques et écologiques. La laïcité ne se monnaye pas.

J’aborderai de front le retour à la retraite à 60 ans qui est une avancée de civilisation. Ce n’est pas une erreur.

J’aborderai aussi de front la question des 35 heures en tenant compte du niveau de productivité de notre pays. Pour les grands groupes industriels, aller plus loin encore vers les 32 heures. Cela suppose une nouvelle organisation du travail avec la flexibilité des machines, la reconnaissance et la promotion des Hommes.

Concernant les TPE, PME PMI, les modalités sont à revoir. Il faut placer la reconquête industrielle comme la question centrale pour produire en France et casser la dictature de la grande finance.

Nous n’échapperons pas à la question de l’immigration. La France n’est pas forcément une chance pour les immigrés, surtout devant la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre pays. je pense en particulier aux français de l’immigration, pour lesquels le taux de chômage s’élève de 40 à 50 %  Il faut faire de l’emploi des jeunes la priorité des priorités.

Osons parler publiquement de l’Islam. Il y a une place en France et en Europe pour un islam spirituel mais il n’y en a aucune pour un islam politique. Nous devons travailler avec la majorité des français de confession musulmane à marginaliser les fondamentalistes et les intégristes.

Pour moi, la charia n’a pas le droit de cité. Notre socle commun pour le vivre ensemble est le respect des principes républicains et des principes de laïcité.

Par ailleurs, mais je reviendrai sur cette question pendant la campagne électorale, au même titre que la question de la souveraineté populaire qui constitue la question centrale pour l’Europe, pour la France, pour la région et pour l’agglomération lyonnaise, la souveraineté populaire doit faire son entrée dans ce que j’appelle à la communauté urbaine et le « Kremlin lyonnais ».

En janvier 2012, je vais publier une version actualisée des Ghettos de la République, avec une nouvelle préface, en tenant compte des événements intervenus depuis 5 ans : Villiers-le-Bel, Grenoble, Marseille et la mission sur le voile intégral.


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Lire le compte rendu du journal Expressions
Voir l'interview diffusée dans le 12/13 de France 3


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