![]() Vendredi 4 novembre 2011 - Déclaration Scandaleux soutien de la France au dictateur camerounais ! Les élections présidentielles se sont déroulées, le 9 octobre dernier, au Cameroun. M. Le ministre d’État déclarait, à l’Assemblée nationale le 11 octobre, en réponse à un député, que l’on pouvait « considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables ». Ce scrutin a vu la réélection de M. Paul Biya, qui se présentait pour la sixième fois après 29 ans de règne. Comme lors des précédentes consultations et à l’instar d’autres dictatures, dont plusieurs viennent de tomber en Afrique, la préparation et le déroulement n’ont laissé aucune chance de parvenir à un changement de pouvoir. Le régime a, une nouvelle fois, organisé sa reconduction au terme d’une élection présidentielle à un tour, bouclée en six semaines, avec les moyens d’empêcher de s’exprimer librement les opposants. L’ELECAM, l’institution chargée de gérer le processus électoral, n’a garanti aucune transparence sur ce dernier, depuis les conditions d’inscription des électeurs jusqu’à la sincérité des résultats. Le Président de la République, devant la conférence des ambassadeurs, le 31 août dernier, reconnaissait que, durant des décennies, notre diplomatie, en Afrique, avait reposé sur un objectif de « stabilité » des régions en place, c’est-à-dire, en clair, de soutien à plusieurs dictatures, au nom, à l’évidence, des intérêts économiques et politiques français. C’est ainsi qu’étaient reçus à l’Elysée, récemment encore, MM Ben Ali, Kadhafi et Moubarak que leurs peuples respectifs ont renversés depuis. La levée des peuples arabes a bousculé la « stabilité », dont nous connaissons le prix pour les populations concernées. Comment, dès lors, expliquer cet entêtement persistant des autorités françaises à soutenir le régime de M. Biya ? Le Cameroun demeure ainsi notre premier partenaire en matière de coopération militaire à hauteur de 4 milliards d’euros par an. Un nouveau partenariat de défense entre les deux pays vient d’être signé et cette coopération comporte aussi un volet d’enseignement aux techniques de« maintien de l’ordre », à l’image de ce qu’avait proposé Mme la ministre des affaires étrangères de l’époque à M. Ben Ali pour « rétablir l’ordre » en Tunisie, alors que se déployait le mouvement populaire qui allait emporter le dictateur. Je suis intervenu auprès du ministre d’État pour qu'il me précise quelle est aujourd’hui la doctrine diplomatique de la France. Est-elle à géométrie variable tantôt appelant de ses vœux la « stabilité » des dictateurs encore en place, telle au Cameroun, et en apportant notre aide pour les maintenir, tantôt épousant à l’inverse le sens de l’histoire quand les peuples se soulèvent pour se débarrasser des tyrans ? La France ne s’honorerait-elle pas plutôt à aider partout les peuples à conquérir leur liberté ? Version imprimable Retour |