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Vendredi 1er juillet 2011 - Lettre au ministre de la Justice
Surveillants à la maison d'arrêt de Villefranche : situation explosive !
Jeudi
30 juin, j'effectuais une visite de la maison d'arrêt de
Villefranche-sur-Saône. Au cours de cette visite, j'ai rencontré
les représentants syndicaux CGT et FO pour faire le point de la
situation à la suite des différents mouvements de protestation
devant l'entrée de l'établissement. J'ai également eu des échanges
avec M. Moumaneix, directeur et Mme Croizet son adjointe. Vous
trouverez, ci-dessous, mon courrier à M. Michel Mercier, garde des
sceaux et ministre de la justice à ce sujet.
Monsieur le
garde des sceaux,
Je
me suis rendu hier à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône
afin d’effectuer une visite de l’établissement et de rencontrer
les représentants syndicaux des personnels pénitenciers.
Cette
maison d’arrêt en fonctionnement depuis 1990 a une capacité
d’accueil de 600 détenus.
Les surveillants pénitentiaires
sont excédés. Ils se sentent, à juste titre, méprisés et
souffrent d’un grave problème de reconnaissance. Ils exercent un
métier difficile, méconnu et dévalorisé au cœur d’un
environnement violent.
A plusieurs reprises durant le courant
des mois de mai et juin, ils ont manifesté devant l’entrée de
l’établissement pour réclamer de meilleures conditions de
travail. Ils dénoncent un manque crucial de surveillants qui met en
cause l’exercice de leur mission. Des mouvements de protestation
ont également eu lieu aux centres de détention de Corbas,
Bourg-en-Bresse et La Talaudière pour les mêmes motifs.
Depuis
une dizaine d’années, les tâches de ces personnels se sont
alourdies considérablement. Aujourd’hui, un surveillant
pénitentiaire,qui participe à la réinsertion et la prévention de
la récidive, dont le rôle premier est de faire respecter l'ordre et
la sécurité dans les établissements pénitentiaires, a la
responsabilité de quelques 120 détenus par jour. Il n’est donc
pas question, dans ces conditions, de parler de réinsertion des
détenus.
Dans un avenir proche, le transfert des détenus
dévolu actuellement à la police et à la gendarmerie, sera du
ressort des agents de la pénitentiaire, dont les effectifs sont
dérisoires compte tenu de cette nouvelle fonction, et de sociétés
privées.
La maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône a
toujours souffert d’un déficit d’agents de surveillance.
Actuellement, 138 agents sont prévus à l’effectif mais 128 sont
réellement recensés. Ce chiffre est bien au-dessus de la réalité
car il faut compter avec l’absentéisme.
Cette situation est
d’autant plus critique du fait des sous-effectifs et elle est
constante pour plusieurs raisons :
- La situation géographique
de l’établissement engendre un taux de rotation des personnels
très important,
- Le principe de notation des agents en
fonction des régions est un élément désavantageux qui
provoque une discrimination n’incitant pas les personnels à
demeurer sur le site de Villefranche-sur-Saône.
Par ailleurs,
j’ai pu constater que 97 détenus se sont rendus à l’infirmerie
dans la seule matinée de ma visite, cette mission n’étant assurée
que par un seul surveillant pénitentiaire en poste au quartier
d'infirmerie.
Les personnels de surveillance totalisent en
moyenne 108 heures supplémentaires par trimestre. Le droit à la
formation n’est plus respecté à cause des sous-effectifs. La même
difficulté s’observe en ce qui concerne les repos hebdomadaires,
puisqu’il faut pallier la carence en personnels et ne pas se
retrouver avec un établissement hors de contrôle.
Au vu des
ces éléments d’une gravité extrême, je veux, à mon tour, tirer
la sonnette d’alarme avant que l’irréparable ne se produise. Le
renforcement des effectifs doit être l’impératif à respecter
dans les plus brefs délais. Je vous demande donc de dégager des
moyens à la hauteur pour la maison d’arrêt de
Villefranche-sur-Saône.
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