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Lundi 11 juillet 2011 - Un article de Thibault Leroy dans Témoignage
Chrétien
Les
refondateurs recomposent !
Cet
article de l'hebdomadaire "Témoignage Chrétien"
est très
illustratif du travail effectué par les refondateurs depuis
1989
pour décrédibiliser l'identité
communiste, l'histoire, les valeurs
et idéaux qui ont fait le PCF au cours du XXème
siècle.
Il
y a une conjonction de fait avec la stratégie
initiée depuis le
congrès de Martigues.
Ils
ont quitté le PCF en 2010 en créant une nouvelle
organisation
politique,même s’ils s’en
défendent, pour mieux revenir
avec Mélenchon et le Front de gauche avec
l’obsession qu’il y
ait encore trop de PCF selon eux.
Une
partie d’entre eux à joué le jeu
suicidaire de 2007 avec José
Bové. Aujourd’hui, ils poursuivent la
même logique avec un
ex-dirigeant du PS, Jean-Luc Mélenchon, pour mener la
campagne des
présidentielles des communistes.
Tous
ces éléments concourent à
l’éventualité d’une
recomposition
politique pour effacer de manière définitive et
durable
l’organisation du Parti communiste français.
Témoignage
Chrétien - 9 juillet 2011
Élection
présidentielle : La gauche radicale cherche ses marques
Par
Thibault Leroy
Trois candidats à
l’élection présidentielle se sont
déjà déclarés à
la gauche
du PS. Mais cet espace politique s’est largement
recomposé depuis
la désunion de 2007, notamment autour du Front de gauche.
«
Gauche radicale », « Gauche de transformation
sociale », «
extrême-gauche »... s’il est
difficile à nommer,il existe
un espace politique à la gauche du PS. On y retrouve les
formations
politiques comme le PCF, le Parti de gauche, le Nouveau parti
anticapitaliste et Lutte ouvrière.
Mais il agrège également
des membres du PS, autour de personnalités comme
Benoît Hamon ou
Henri Emmanuelli, et la gauche des Verts, avec Gilles Lemaire,
Stéphane Lhomme, ou la motion Envie du dernier
congrès d’EELV. «
Ce sont les gens qui n’en peuvent plus du capitalisme et
veulent
changer de système », résume Patrick
Braouezec, député de
Seine-Saint-Denis et membre de la Fédération pour
une alternative
sociale et écologique (FASE).
Cet espace politique s’est
regroupé une fois, en 2005 : c’était le
Non de gauche au Traité
constitutionnel européen, auquel
s’était joint à
l’époque un
certain Jean-Luc Mélenchon, alors membre du PS. «
En 2005 on avait
un trésor dans la main, nous étions
rassemblés et majoritaires à
gauche, analyse Roger Martelli, historien du communisme et
démissionnaire de la direction du PCF en 2008. Nous avons
tout gâché
en 2007 où la dynamique de l’éclatement
l’a emporté.
»
Olivier Besancenot, Marie-Georges Buffet et José
Bové
avaient tenté d’y défendre les couleurs
des antilibéraux. Au
premier tour, le PCF réalisait le plus mauvais score de son
histoire, chutant sous de la barre des 2 %.
LE
PCF FACE ÀLA RÉALITÉ
L’élection
présidentielle de 2007 est à l’origine
d’une prise de
conscience au Parti communiste. Ce résultat
décevant démontrait
que le PCF ne pouvait conduire seul le rassemblement de la gauche
radicale. Il y était déjà
contesté depuis les années 1970 par
d’autres mouvements,notamment trotskistes, tandis
que le Parti
socialiste avait pris la première place
à gauche en 1978,
creusant l’écart pendant les années
Mitterrand.
Un tel
résultat était annoncé par
des personnalités du PCF, les
refondateurs, qui deviennent des «
dissidents » au sein
du Parti en 1989. Ils appelaient à refonder le communisme
tout en
créant un « pôle de
radicalité qui regroupe toutes les forces
critiques » précise Roger Martelli. Selon une
expression de Georges
Séguy (secrétaire général
de la CGT de 1967 à 1982), ils
voulaient alors engager « la métamorphose
» du PCF.
Avec
130 000 adhérents, peut-être 50 000 à
jour de cotisations, le
Parti communiste offre aujourd’hui un réservoir de
militants qui,
malgré ses faibles scores électoraux nationaux,
en fait un parti
incontournable dans cet espace politique.
C’est aussi un
parti d’élus : avec treize
députés, vingt sénateurs, il
revendique 10 000 élus locaux et 500 mairies, dont 89 de
plus de
9000 habitants. Il tient les conseils généraux de
l’Allier et du
Val-de-Marne.
Cette implantation en fait l’une des
principales forces politiques en France, mais assure
également les
revenus du PCF auquel les élus reversent une partie de leur
traitement. Du maintien de ces bastions dépend en quelque
sorte sa
survie. Mais il est loin de la place qu’il occupait comme
«
premier parti de France », de 1945 à 1978.
« Au moment où le
Parti avait un vrai rapport à la
société, il assurait trois
fonctions, sociale, politique et utopique, explique Roger Martelli.
Il représentait et organisait la classe ouvrière,
tout en proposant
un meilleur avenir. » Et aujourd’hui ?
STRATÉGIES
Au
PCF, plusieurs stratégies s’opposent.
D’une part, il y a ceux
qui considèrent que le PCF doit se renforcer seul : le
PCF,tout le
PCF, rien que le PCF. La section communiste du 15e arrondissement de
Paris, qui a présenté Emmanuel Drang Tran comme
candidat au vote
des communistes lors de la « primaire » du Front de
Gauche, estime
que ce dernier n’est qu’une « une
combinaison politicienne »,
qui rompt avec les engagements révolutionnaires marxistes.
André
Gerin, député du Rhône,
fustige l’absence d’un candidat
communiste en 2012. Son cas est particulier, les propos qu’il
a
tenus lors d’une conférence de presse sur les
immigrés ont
indigné ses anciens camarades. « André
Gerin s’est exclu
lui-même du mouvement communiste »
commente Patrick
Braouezec.
D’autre part, sont majoritaires les partisans du
Front « de gauche », à commencer par la
direction du PCF. Le
tournant a été pris en 2008 où
s’est engagé un rassemblement de
plusieurs formations de la gauche « de gauche »,
sur fond de
rupture avec le capitalisme mais aussi avec la
social-démocratie
incarnée par le PS. Durant les élections
régionales de 2010, les
alliances du PCF ont été à
majorité variable, certaines régions
composant dès le premier tour des listes avec les
socialistes,
tandis qu’un Front de gauche sans les communistes se
présentait à
côté.
Pour 2012, les relations avec le PS font toujours
débat. La fédération
départementale PCF de l’Allier avait
préféré André Chassaigne
« pour être au cœur de la gauche
» selon Olivier Monet, son représentant,
« et non pas dans un
face-à-face avec le PS ». « Ce sera de
notre responsabilité
de travailler avant le premier tour avec les socialistes, sur ce qui
diverge et converge », plaide de son
côté M. Braouezec, «
pour savoir s’il peut ou non y avoir une dynamique de second
tour.
»
L’opportunité d’entrer au gouvernement
veut être
étudiée minutieusement, pour « peser au
cas par cas ». Un accord
ficelé dans l’urgence pourrait décevoir
les militants et
sympathisants, insatisfaits des compromis conclus. De son
côté, le
NPA refuse tout travail avec le PS, ce qui explique en partie
qu’il
ne souhaite pas rejoindre le Front de gauche, plus souple sur cette
position.
RASSEMBLEMENT
En
annonçant Phillipe Poutou, ouvrier de
l’automobile, comme candidat
pour porter ses couleurs à la présidentielle, le
NPA ferme de toute
façon la voie à un accord avec le Front de
gauche. La question
avait animé les débats à son
congrès, jusqu’à se conclure par
la désignation du candidat le 26 juin.
D’ores et déjà, la
formation héritière de la LCR subit une perte
sévère : de 9 000
militants en 2009, il n’en reste que3 000 selon les derniers
votes
internes exprimés. Son courant Convergences &
Alternatives
soutient désormais Jean-Luc Mélenchon, comme la
FASE. Ces nouveaux
arrivants regrettent toutefois que les deux principales forces du
Front de gauche, PCF et PG, ne soient pas suffisamment ouvertes
à
des cultures politiques différentes des partis traditionnels.
M.
Braouezec explique que « le Front de gauche élargi
doit tenir
compte de notre arrivée, c’est-à-dire
qu’on ne nous impose pas
de rentrer dans le moule ». L’enjeu est aussi de
s’adresser à
des individus peu habitués à la politique, qui ne
sont pas
forcément des intellectuels ni des militants aguerris. Avec
des taux
d’abstention dépassant parfois les 70 %, certains
quartiers
populaires expriment un désintérêt de
la politique alors que c’est
à eux, en priorité, que la gauche radicale est
censée s’adresser.
Mais ses partis fonctionnent sur des modes d’organisations
verticaux, ce qui, selon les refondateurs, ne faciliterait pas
« une
dynamique populaire».
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