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Lundi 11 juillet 2011 - Un article de Francis Arzalier paru sur le site Collectif communiste polex
L’extrême droite progresse en Europe
Les
récents sondages annonçant que Marine Le
Pen serait présente au
second tour des élections présidentielles de 2012
en France, ont
fait caqueter les journaleux de l’hexagone comme un troupeau
de
poules effarouchées. Il n’y avait pourtant pas de
quoi s’ébahir,
tant le mode de scrutin français est ultra majoritaire, et
d’inspiration monarchique : il suffisait de voir la droite
traditionnelle UMP en perdition, avec son « penseur
» Sarkozy, et
le Front national devenait de ce fait la première
organisation du
camp réactionnaire. Souvenons nous, en 1992 à
Alger, les
conservateurs du FLN étaient persuadés de rester
au pouvoir grâce
au système électoral ultra majoritaire,
permettant d’éliminer
les « petits » opposants. Patatras, le parti
intégriste ayant plus
de voix qu’eux, avait de grandes chances
d’instaurer la
théocratie par les urnes. Il ne restait plus aux affairistes
et
militaires agrippés à leurs
prérogatives qu’à annuler le
résultat prévisible avant le scrutin. Nous
n’en sommes pas à
cette issue en France, même si cette
présidentielle au suffrage «
universel », biaisée par le fric et les
médias, est une parodie de
démocratie politique. En fait, et le verdict des urnes
cantonales
l’a redit en mars 2011, le Front National en reste aux scores
épisodiquement fort élevés de
l’extrême droite française :
avec près d’un électeur sur cinq, et
plus en certaines banlieues
populaires, il reprend à Sarkozy et ses amis une partie de
leur
électorat, apeuré par la délinquance
et par l’immigration.
Plus
que les palinodies électorales cultivées par les
politiciens de
tout bord, sur le thème : « votez pour moi pour
empêcher le grand
loup FN », c’est cette croissance permanente de
l’extrême
droite qui pose question. Le phénomène
n’est pas que français ;
il existe dans toute l’Europe, et revêt des formes
diverses du
nord au sud, d’est en ouest. On l’a trop souvent
confondu avec
ses aspects marginaux, résurgences spectaculaires,
choquantes, des
nazis et fascistes d’autrefois,défilés
de SS chenus en uniforme
en Lettonie ou en Hongrie, de franquistes et pétainistes
nostalgiques en Espagne, de jeunes crétins barbouillant de
croix
gammées les tombes juives ou musulmanes en Alsace, etc. Ces
résidus
du passé existent certes, avec leurs obsessions
antisémites
récurrentes, y compris au FN français, en Italie,
etc…, mais leur
rôle historique est dévolu. Mégret en
France, a dû passer la
gouverne à Marine Le Pen qui admire beaucoup les colons
israéliens,
et la fille de Mussolini a été
démissionnée de l’ex MSI
italien, dépassée sur sa droite par la Ligue du
Nord. Arrêtons
donc de dénoncer ce qui n’existe plus, la cohorte
fasciste et
nazie vêtue de brun, criant sa haine pour les juifs comme en
1943 :
elle relève du fantasme des bobos qui se croient de gauche
en
prônant la loi du marché.
L’EXTRÊME
DROITE D’AUJOURD’HUI
Cette
extrême droite contemporaine en Europe est un plus grand
danger,
bien réel celui-là. Elle a, sous des aspects
nouveaux, les mêmes
objectifs qu’autrefois : un régime politique
autoritaire et non
représentatif, la haine des partis et des syndicats qui
prônent
l’égalité entre les hommes et les
peuples, le maintien par la
force de « l’ordre social »,intangible et
sacré, la xénophobie
nationaliste.
Mais, insérée dans le jeu électoral
qui prévaut
en Europe, elle ne met pas en avant ces buts, ceux que clamait
Maurras en 1925. Suivant le lieu, elle fleurit sur des
égoïsmes
régionaux ou des haines nationalistes récurrentes
: en Italie
septentrionale, la Ligue du Nord a axé son discours contre
les
Romains, Napolitains ou Calabrais du Sud, supposés se
prélasser
dans l’oisiveté en profitant des richesses
produites par
l’industrie de « Padanie »
(grâce aux immigrés du Sud, mais on
l’oublie). En Flandre belge, les nationalistes «
flamingants »
fiers de leur primauté industrielle, refusent d’en
voir profiter
les francophones de Wallonie désindustrialisée.
En Hongrie, le
parti de Victor Orban est parvenu par les urnes au gouvernement en
surfant sur les nostalgies de la Grande Hongrie, amputée en
1920 et
1945 de provinces, au profit des Slovaques, Roumains et autres
Serbes. Aux Pays-Bas, en France, le bouc émissaire de tout
ce qui ne
va pas est l’immigré « musulman
» ou son descendant naturalisé,
ce qui n’interdit pas, au contraire, les sympathies pour le
sionisme israélien. En Roumanie, Balkans, le Rom,
discriminé et
volontiers poussé dehors, est accusé de tous les
maux, en même
temps que les communistes, autrefois au pouvoir. En Pologne,
l’extrême droite se nourrit de nationalisme
clérical, anti-russe
et anti-communiste,et de régressions sociales, contre le
droit à
l’avortement, au divorce, etc.
Sur ces bases, aussi
disparates que les pays d’Europe, les extrêmes
droites accumulent
les succès, progressent à chaque
élection, de Scandinavie en
Grèce, et sont même arrivées
déjà à participer au pouvoir : en
Italie, où la Ligue du Nord est le soutien majeur de
Berlusconi, en
Hongrie qui va assurer la présidence de l’Europe
en 2011 ; elles
s’en rapprochent ailleurs, tant les frontières
sont poreuses avec
la droite classique, dont l’électorat est souvent
disposé à
s’allier avec elles, en France par exemple.
LES
EXTRÊMES DROITES « POPULAIRES »
Ne
nous y trompons pas : le succès actuel de ces
extrêmes droites
européennes tient avant tout au fait qu’elles
savent prendre en
compte certaines revendications populaires justifiées. Rien
d’étonnant ni de très nouveau
à cela, tous les fascismes
d’autrefois qui ont réussi à
entraîner des peuples entiers ont
fait de même. L’exemple le plus évident
est celui du parti nazi
qui contamina une bonne partie du peuple allemand, un des plus
éduqués d’Europe en 1930. Il
dénonçait à juste titre le
chômage,et le traité de Versailles
décidé par les vainqueurs de
1918, qui faisait payer à la seule Allemagne les
désastres d’une
guerre causée par les appétits de tous les
impérialismes rivaux
d’Europe, Asie et Amérique. N’oublions
pas que le nazisme se
prétendait un socialisme, brandissait lui aussi le drapeau
rouge,
même s’il détournait les
responsabilités de la misère populaire
contre une « finance juive » largement imaginaire.
Peu importe que
ces thèmes de propagande aient été
pure démagogie mensongère, ou
de bonne foi pour la piétaille nazie : ils
étaient, et emportèrent
l’adhésion de millions de braves gens vers le
désastre.
Cette
utilisation par les extrêmes droites d’une
série de thèses
justes, est aujourd’hui d’autant plus efficace que
les partis de
gauche, et parfois communistes affirmés, les ont
abandonnées dans
leur décrépitude opportuniste.
Le cas le plus flagrant est
celui des Europes de l’Est, archipel
émergé du défunt« camp
socialiste », reconverti à la loi du
marché mondial capitaliste.
Les anciens partis communistes évincés
du pouvoir ont cru bon
de muer en social-démocratie bon chic bon genre, fermement
attachée
à l’Europe supranationale, qui devait selon eux,
amener en
quelques années la prospérité
occidentale et les bananes sur les
marchés. Les illusions ont fait long feu, les paysans
polonais, les
salariés de Bucarest ou de Riga sont aujourd’hui
soumis au
dégraissage social parrainé par le FMI et les
autorités
bruxelloises. Mais les partis« ex-communistes »
continuent de bêler
les beautés futures de l’Europe des 27,
qu’une bonne partie de
la population salariée ou rurale vomit, avec juste raison.
Les seuls
groupuscules marxistes qui la dénoncent traînent
le poids de leur
passé d’échecs, et ne sont pas encore
crédibles. Dès lors,
l’extrême droite « eurosceptique
» ramasse la mise, à l’image
du parti Jobbik à Budapest, ou du parti des
frères Kaszinski à
Varsovie. Il en est de même en Europe occidentale,
où la « gauche
plurielle » et ses partis s’obstinent à
défendre l’Europe
supranationale : elle n’a pourtant jamais servi
qu’à faciliter
la concurrence des capitaux et des mains d’œuvre,
les
délocalisations et la destruction des industries et des
productions
nationales. Les opinions, massivement, s’en rendent compte,
et
l’expriment quand on leur permet de le faire, pour ne plus en
tenir
compte après. La partie, dès lors, se joue donc
à front renversé,
en toute confusion. C’est, en France, Marine Le Pen qui
proclame, à
juste titre : « la mondialisation »,
l’Europe supranationale, en
supprimant les protections nationales frontalières au profit
d’une
liberté totale de déplacement des capitaux, des
marchandises, et
des mains d’œuvres,avec pour seule
régulation la « loi du marché
», a entraîné les
délocalisations, la destruction de pans entiers
de l’industrie française, une concurrence accrue
entre les
travailleurs, et le démantèlement de ce fait, des
conquêtes
sociales et salariales. C’est Marine Le Pen, leader de
l’extrême
droite « moderne », attentive à ce que
pensent des millions
d’exploités, qui affirme, avec raison :«
Notre industrie et nos
emplois ont besoin de protections intelligentes aux
frontières alors
que la politique de l’UMP et du PS est celle de
l’ouverture à
tous les vents de la mondialisation » (Marine Le Pen, 27 mars
2011).
C’est au contraire le visage bonasse du socialisme
français, Dominique Strauss Kahn,qui parraine en tant que
président
du FMI, les cures d’austérité
imposées aux peuples d’Europe,
tout en martelant,patelin : « Le schéma ancien de
la mondialisation
a beaucoup apporté, notamment en sortant des centaines de
millions
de gens de la pauvreté, mais a aussi un
côté obscur, qui est un
écart vaste et croissant entre riches et pauvres
». (Dominique
Strauss Kahn, 5 avril 2011,devant les étudiants de
l’Université
George Washington).
Et ses milliers de thuriféraires, du PS
ou de sa mouvance, en rajoutent sur tous lestons. Ainsi, Olivier
Ferrand, animateur du « think tank » social
démocrate « Terra
Nova » : « La mondialisation est un fait qui
s’impose à la
planète. Face à elle, la droite propose une
stratégie qui passe
par la baisse des coûts et donc des salaires. Tandis que la
gauche,
elle, défend une politique de
compétitivité de la valeur ajoutée
qui passe par la valorisation du capital humain et la recherche
».
(Cité par Libération, 7 avril 2011).
Ce clivage
électoraliste n’a aucune chance de convaincre les
chômeurs
confrontés aux réalités dans les
régions vidées de l’essentiel
de leur métallurgie ou de leur textile en quelques
décennies, comme
le Nord et la Lorraine, et cela sous l’égide de
gouvernements
successifs qui furent souvent de gauche, avec la participation du
PCF. Ce PCF obstinément ancré depuis les
années 80 dans une dérive
opportuniste qui lui fait souvent oublier ses repères les
plus
évidents. En 2011, encore, confronté à
sa propre disparition s’il
ne rejoint pas les revendications de son électorat perdu, il
s’obstine à ne pas condamner l’Europe
supranationale comme si
elle était amendable, et à quémander
l’alliance de tous ceux,
socialistes ou verts, susceptibles d’assurer ses
prébendes
électives, quels que soient par ailleurs leurs choix
politiciens.
La réalité économique et sociale,
née de
cette mondialisation capitaliste, de cette Europe supranationale, est
cruelle aux prolétaires modernes, ceux qui ne vivent que de
leur
travail, non de celui des autres, et notamment à ceux de
France.
C’est
d’abord une désindustrialisation
accélérée, deux millions
d’emplois industriels disparus en trente ans, dont 740
000entre
2000 et 2009. En cinq ans, la production automobile en France a
chuté
de 50%...
Les délocalisations vers des coûts salariaux
exotiques plus bas sont la raison essentielle de la croissance des
profits des actionnaires : les entreprises inscrites au CAC 40 ont
affiché l’an dernier 80 milliards de
bénéfices (+ 75 %) alors
qu’elles ont supprimé près de 50 000
emplois entre 2005 et 2009
(dossier Libération, 7 avril 2011).
Tous ces faits, quand ils
sont occultés par la gauche, ou attribués
à la fatalité,
nourrissent le Front national qui, lui, ne cesse de les
répéter à
ceux qui en souffrent. Pire encore : Marine Le Pen peut
s’offrir le
luxe de condamner clairement les aventures guerrières de
Sarkozy,paladin convulsif de l’Occident
impérialiste, alors que le
PS français approuve, en reprochant au président
de n’y avoir pas
recouru plus tôt,les expéditions en Afghanistan,
Libye et Côte
d’Ivoire. Le PCF a, certes, condamné cet
impérialisme, mais avec
bien des ambiguïtés, au sein même de ses
dirigeants : n’est-ce
pas Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité,
qui fut le journal
de Jaurès, qui approuva son compère
Mélenchon d’avoir voté pour
l’intervention militaire en Libye, au Parlement
européen
?
Résultat évident de ce
méli-mélo d’aveugles politiques
en France, la probable présence de Marine Le Pen au second
tour de
la présidentielle en 2012, alors même que la
majorité des
électeurs de la droite conventionnelle sont prêts
à s’allier
avec elle au gouvernement. Rien d’étonnant, ce
schéma d’alliance
droitière est déjà
réalisé en Italie, en Hongrie, en attendant
d’autres pays peut-être, aux quatre horizons de
l’Europe,
Norvège ou Bulgarie, Finlande ou Autriche, Suisse ou
Pays-Bas…
COMBATTRE
EFFICACEMENT L’EXTRÊME DROITE
Les
critiques faites au FN par les idéologues du parti
socialiste, ne
peuvent que renforcer son audience dans les milieux populaires, parce
qu’elles reflètent les points de vue de la
bourgeoisie libérale,
attachée aux vertus du capitalisme «
humanisé », ou « écologique
», aux lois du « grand marché
» européen ou mondialiste des
hommes et des capitaux.
Soyons sérieux : ce n’est pas parce
que Marine Le Pen reprend démagogiquement une
évidence, qu’elle
devient une idée à dénoncer. Il est
absurde de se prétendre
attentifs aux intérêts des salariés, du
prolétariat qui ne vit
que de son travail, et de défendre parallèlement
l’Europe
multinationale, qui a causé la flambée des prix
et détruit les
capacités d’exportations françaises. Il
est tout aussi absurde de
défendre les traités de Maastricht et
d’ailleurs, qui ont donné
la maîtrise de le monnaie de la France, et donc de son
économie,
àla banque européenne de Francfort. Il
l’est encore plus
d’encenser la « liberté »
au-delà des frontières des trafics
de capitaux spéculatifs et de la main
d’œuvre, génératrice de
délocalisations et de chômage. Il est encore plus
irresponsable de
ne pas combattre avec vigueur l’allégeance
française à l’OTAN,
fer de lance de l’impérialisme occidental.
Le seul moyen de
combattre et vaincre l’extrême droite est au
contraire, de ne pas
lui laisser dérober les mots d’ordre de classe
contre l’Europe
supranationale, l’euro, la perte
d’indépendance nationale, et de
la dénoncer pour ce qu’elle recèle, en
le cachant souvent,
d’objectifs politiques et sociaux néfastes.
- Malgré la
démagogie, c’est un parti de dirigeants
milliardaires, opposés à
l’impôt sur la fortune et à la taxation
du capital.
- Lors de
la lutte pour les retraites, Marine Le Pen soutenait le projet
gouvernemental et du MEDEF, demandait la répression contre
les
manifestants et les syndicats.
Marine Le Pen se donne une
image de « parti comme les autres », mais le FN ne
cesse de mettre
en cause les élus en général
(« tous pourris »), ce qui revient
à suggérer un régime politique
autoritaire, où tout serait décidé
sans contrôle aucun des citoyens, par les
représentants de «
l’Etat fort ». Le FN ne propose pas que les
citoyens contrôlent
mieux leurs élus, mais de museler ou de supprimer, comme
sous Vichy
ou dans l’Espagne franquiste, les institutions
représentatives et
les contre-pouvoirs des citoyens, syndicats, partis, associations,
moyens d’information, élections, etc…
La
proposition la plus ambitieuse en matière
économique et sociale est
ce que Marine Le Pen nomme le « capitalisme populaire
» : les
salariés pourraient recevoir en actions
jusqu’à 10% du capital de
leur entreprise, sans avoir pour autant le moindre mot à
dire sur sa
gestion. Vieille lune patronale, qui consiste à geler une
part des
salaires, en la transformant en épargne au service du
capital de
l’entreprise ; l’opération a surtout un
objectif idéologique,
faire croire aux salariés baptisés actionnaires
qu’ils ont
dorénavant les mêmes intérêts
que les financiers qui dirigent
l’entreprise ; en tant qu’actionnaires, ils
devraient donc
souhaiter eux aussi la délocaliser et supprimer leur propre
emploi.
Cette négation de la lutte de classes opposant
exploités et
exploiteurs, De Gaulle la prôna en son temps sous le nom
d’association du capital et du travail, et bien avant,
Salazar et
Mussolini en faisaient la base de leurs « syndicats verticaux
», où
collaboraient patrons et salariés.
- Si le FN n’a pas approuvé
les décisions guerrières aventureuses de Sarkozy,
pour des raisons
électorales, il ne combat pas pour autant
l’impérialisme, et son
discours international est empreint de mépris colonial des
peuples
africains jugés inférieurs, menaçants
par leur démographie, à
l’identité nationale confondue par eux avec la
suprématie de la «
race blanche », et le fonds culturel
judéo-chrétien. En ce sens,
ne nous y trompons pas : à l’exception de quelques
figures
nostalgiques, l’extrême droite contemporaine en
France et en
Europe, soutient le colonialisme israélien, son meilleur
allié
contre le « péril musulman », comme
d’ailleurs le font les
néo-conservateurs américains.
La situation européenne face
à cette expansion de l’extrême droite
n’est pas celle des
années 1930, elle est pire du fait de la
décrépitude opportuniste
des partis communistes et des organisations syndicales en bien des
pays. Elle n’est pas un phénomène
irrésistible, mais ne pourra
être stoppée que par le renouveau, laborieux, du
mouvement
communiste en Europe, sur des bases de classe, nationales, et
anti-impérialistes. En France, en Italie, et dans la
majorité des
Etats d’Europe, le chemin est encore long. La bête
immonde est
encore féconde, ne l’aidons pas à
pervertir les peuples.
Francis
Arzalier
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