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Mercredi 29 juin 2011 - Lettre au Premier ministre François Fillon
Banque centrale européenne : la promotion d'un pyromane !
Monsieur
le Premier Ministre,
Je souhaite attirer votre attention sur
les résultats du sommet européen des chefs d’Etat de la fin de la
semaine dernière.
Il se déroulait sur fond de tragédie
grecque, de menace sur l’existence même de l’euro, mais aussi la
désignation du successeur de monsieur Jean-Claude Trichet en la
personne de monsieur Mario Draghi, actuel gouverneur de la banque
d’Italie.
Nous aurions pu penser que le sommet européen se
fixerait pour objectif de contenir la gangrène spéculative, qui n’a
cessé de prendre le pas sur l’économie réelle et conduit à la
faillite qui menace la Grèce et d’autres nations. Nous aurions pu
en attendre que les banques, fauteurs de la crise, soient mises à
contribution. Or rien de tout cela n’en est sorti, puisque ce sont
les peuples qui vont payer la facture, alors qu’ils en sont portant
les victimes.
De ce point de vue, il est des promotions tout à
fait symboliques et lourdes de sens. Il en est ainsi de la
désignation de monsieur Mario Draghi à la tête de la BCE.
De
2002 à 2005, celui-ci a occupé le poste de vice-président pour
l’Europe de la banque d’affaire mondiale, Goldman Sachs.
Ce
géant de la finance fondé en 1869 s’est trouvé au centre de
toutes les crises financières qui, depuis sa création, ont frappé
les Etats-Unis et lemonde : le crash de 1920, la bulle internet, la
spéculation immobilière, la bulle pétrolière, les subprimes…
Le
New-York Times révélait que Goldman Sachs a joué un rôle majeur
dans la crise grecque. Les faits remontent à 2001 et courent
jusqu’en2009, période au cours de laquelle monsieur Mario Draghi
était à la tête de la banque pour l’Europe. La Grèce fait alors
son entrée dans la zone euro. Elle se doit de remplir les conditions
fixées par les traités en vigueur.
Goldman Sachs, avec
l’appui d’autres banques de Wall Street comme JP Morgan Chase,
vont mettre à sa disposition des outils pour lui permettre
d’emprunter et de vivre à crédit, tout en dissimulant l’ampleur
de sa dette. Nous connaissons la suite. Elle se déroule sous nos
yeux à Athènes. A ce petit jeu, la banque a empoché au passage
près de 300 millions de dollars. Et les mêmes outils ont été
utilisés en Italie, en Espagne et au Portugal.
Et c’est
l'auteur parmi d’autres de ces usines à gaz qui va prendre la tête
de la BCE et faire payer les grecs, les portugais, les espagnols et
les suivants, qui sont là où la Goldman Sachs les a mis.
Il
est incroyable que l’on désigne un personnage qui est plutôt un
pyromane de la finance.
Nous ne sortons donc pas de cette
spirale affairiste qui vampirise nos richesses industrielles et
économiques, tue le pouvoir d’achat des salariés pourtant ressort
essentiel de la croissance, accroît le chômage et la misère pour
le seul compte de la rémunération des actionnaires et des grands
groupes capitalistes.
Votre gouvernement a, dans ce même
esprit, l’objectif d’inscrire dans la Constitution, le
corset de fer de l’austérité comme règles indépassables de la
gestion des affaires publiques sur une injonction de Bruxelles. Il se
plait à répéter que la situation française est moins dégradée
qu’ailleurs. Nos concitoyens en doutent sur la foi de
l’expérience.
Et en tout état de cause, les mêmes
recettes néfastes ne peuvent conduire qu’aux mêmes
dérives.
Monsieur le Premier ministre, je souhaite donc
savoir si vous confirmez que la France a participé au choix de
monsieur Mario Draghi à la direction de la BCE ce qui aura des
conséquences dramatiques dans l’ensemble des pays européens.
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