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Jeudi 16 juin 2011 - Pour information, un article paru sur le site de Bellaciao
Sabiha Ahmine : pour moi André Chassaigne est une candidature de sobriété
«
La porte du bonheur est une porte étroite, ne me dites surtout pas
que c’est la porte à droite » nous prévient l’immortelle poète
du peuple de gauche, Jean Ferrat. Car en effet il faut toujours se
méfier des dérives droitières d’où quelles viennent : du PS
comme du PC et même de l’extrême gauche.
En lisant
attentivement les courriers et autres positions d’André Chassaigne
à propos de sa candidature qui n’est pas soutenue officiellement
par le PCF, et sachant qu’il ne peut lutter à armes égales face à
son adversaire du Parti de Gauche, comme de nombreux communiste je me
suis inquiétée et révoltée face à cette injustice. D’où ma
question : vraiment, avec JL Mélenchon sommes nous pas en train
d’assister à un nouveau renoncement et une nouvelle dérive
droitière ?
Pour analyser ce glissement droitier, qui n’est
pas uniquement sémantique, un retour oblige vers les fondamentaux.
Loin de moi d’opposer Jaurès à Lénine ou Trotski à Rosa
Luxembourg, mais il est judicieux de ce méfier des dérives du
gauchisme, fréquentes dans le réformisme trotskiste. Tout le monde
sait en effet qu’une alliance se construit avant tout sur des
idées, des projets et des luttes. Sur la confiance, la coopération
et pas sur la défiance et le chantage électoralistes tel que
aujourd’hui avec le FG. Le modèle de la « Poule mouillé »
utilisé comme posture électoraliste par le Parti de gauche dans son
appréhension du PC, est devenue une source de division alors que son
résultat électoraliste est incertain et imprévisible, à court
comme au long terme. Combien même on peut avoir tord, c’est la
nature de cette démarche même, le « Front-Chantage », qui pose
problème. Car pendant ce temps là ce sont les classes populaires
qui souffrent.
C’est pourquoi, Face à ce défi et après
une fine analyse de la situation sociale et économique ainsi que les
enjeux politiques, j’appelle à soutenir André Chassaigne. La
raison qui a guidé ce choix est celle la même qui m’a toujours
poussé à me placer, comme d’habitude, du côté des plus humbles
et des gens modestes.
Voter Chassaigne ce n’est pas
seulement un moyen d’éviter l’émiettement de la gauche ou
freiner le déclin du PCF, c’est aussi et surtout pour tirer les
leçons d’une débâcle annoncée. En effet, après l’expérience
ratée des collectifs antilibéraux en 2007, la création du Front de
Gauche en 2008 avait suscité de nouveaux l’espoir. Comme d’autres
militants de bases, j’avais misé sur le Front de gauche comme un
nouvel outil de transformation sociale et populaire, un moyen
novateur d’implication du plus grand nombre les citoyens, sans
discrimination d’origine, qui auront toute leur place dans le débat
politique. C’était l’occasion de mettre en œuvre une démarche
émergente pour la constitution d’un pôle de radicalité pour
faire avancer la condition humaine dans son ensemble.
Mais
force de constater, rien de tout cela n’a eu lieu. Que soit lors
des européennes, des régionales ou des cantonales, ce sont les
pratiques autoritaires et sectaires qui se sont amplifiées avec
l’hémorragie de militants communistes de qualité, le surcroît
sans précédent de l’abstention dans la souffrance, et le déclin
continu du PCF. Cela avec toutes les drives droitières qui vont avec
: la personnalisation et la médiatisation artificielle au détriment
d’une démarche citoyenne unitaire et novatrice. Une démarche qui,
sans se couper du mouvement social,devait faire entendre la voix des
opprimées dans les instituions. Un projet qui doit allier utopie,
stratégie de transformation de long terme et tactique électorale de
court terme. Le choix des personnes, des alliances et candidats doit
répondre à cet impératif historique et citoyen.
Or à peine
deux après, l’espoir est brisé. Car l’absence d’un véritable
débat démocratique et citoyen, la persévérance d’un
fonctionnement clanique, sectaire, dont le seul objectif est la
survie matérielle de l’appareil, a démobilisé des franges
entières de citoyens dont je fais partie. La mise en place d’une
mécanique purement opportuniste et attentiste a réduit « le Front
de gauche à une alliance de sommet et conditionnant sa réussite au
choix d’un candidat incontournable », comme le dit clairement
Andrè Chassaigne.
Aujourd’hui, quelle que soit l’issue de
la lutte actuellement engagée au sein du PCF sur les candidatures
2012 et autres divisions constaté avec le Front de Gauche, les
souffrances de la crise capitaliste, au nord comme au sud, restent
malheureusement déterminantes. Nous dépassent et nous poussent à
plus de rigueur, à plus de responsabilité, d’honnêteté et de
sobriété.
L’histoire nous apprend que la révolution
sociale qui secoue aujourd’hui le monde déborde nos petites
ambitions électoralistes. Malgré les tentatives de faire périr les
fleurs du printemps populaire arabe pour éviter la contagion, une
question récurrente revient : qu’est-ce qui cimente une véritable
démarche de transformation sociale ? La réponse est simple : ce
n’est sûrement pas une girouette sans fondement politique,ni une
petite tractation d’appareil et autres compromis médiatiques.
Le
vrai ciment C’est, d’abord la conscience, le présage, le
dévouement, la constance, la modestie et l’esprit de sacrifice et
d’héroïsme. C’est, ensuite, notre aptitude à se raccorder avec
le mouvement social. Pas pour communiquer et dire que nous étions,
mais pour être du côté des plus humbles et des gens modestes, sans
discrimination et sans instrumentalisation du communautarisme, pour
les guider pacifiquement vers les chemins triomphants et vers la
véritable révolution citoyenne.
Troisièmement, c’est la
justesse de la direction politique qui est déterminante dans cette
alliance : la justesse de sa stratégie et de ses choix, de sa
tactique politiques qui est capable de transformer la société, pas
uniquement avec des discours amis avec des actes à l’intérieure
comme à l’extérieure des institutions.
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