|

Jeudi 9 juin 2011 - Question écrite au ministre du travail
Cancer de l'amiante : le fonds d'indemnisation des victimes menacé
Monsieur
André Gerin attire l’attention de M. le ministre du travail, de
l’emploi et de la santé sur le projet de réforme de gouvernance
du fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA).
Le
FIVA est un établissement public national à caractère
administratif qui indemnise les victimes de l'amiante. Face aux
nombreuses procédures et à l’engorgement des tribunaux, il a été
créé en décembre 2000 avec pour objectif d’assurer aux victimes
et à leurs familles une réparation intégrale en évitant des
procédures longues et difficiles.
Son conseil
d’administration composé de 22 membres est réparti comme suit :
un président membre de la Cour de cassation, cinq représentants de
l’État, huit représentants des organisations siégeant à la
commission des accidents du travail et des maladies professionnelles
du régime général de sécurité sociale, quatre membres proposés
par les organisations nationales d’aides aux victimes de l’amiante
et de quatre personnalités qualifiées dans les domaines de
compétence du fonds.
Dans cette instance, ni les
représentants des payeurs, ni ceux des bénéficiaires ne disposent
de la majorité, ce qui permet une répartition homogène de la
composante, le contrôle du dispositif étant conservé par les
ministères de tutelles.
Ce système d’indemnisation
équitable et transparent, qui est pourtant loin d’avoir
rendu justice à toutes les victimes , qui ont tant de mal à faire
valoir leurs droits va être remis en question par le
gouvernement.
Dans le projet de réforme de gouvernance du
FIVA, la représentativité va s’en trouver complètement
bouleversée : la présidence devrait être remise à un membre du
conseil d’État choisi par les ministres de tutelles, une
augmentation significative de la représentation des employeurs est
prévue.
Ils vont donc se retrouver en surnombre au sein de ce
conseil d’administration, ce qui aura pour conséquence de leur
donner une majorité automatique. Ils pourront ainsi décider sans
encombre des indemnisations à accorder aux victimes, celles-là
mêmes qu’ils n’ont pas su ou pas voulu protéger de cette
catastrophe sanitaire qu’est l’amiante.
Cette
nouvelle organisation prévue dans le projet de réforme de
gouvernance est incompatible avec la déontologie et créatrice de
conflit d’intérêts, ce qui est inacceptable.
L’amiante a
déjà provoqué 35 000 décès. 60 000 à 100 000 autres décès
sont attendus d’ici à 2030. Elle est aussi à l’origine de plus
de la moitié des cancers professionnels. Les victimes de cette
maladie professionnelle n’ont pas à subir la double peine : celle
d’avoir contracté une pathologie dont l’employeur est
responsable et celle de ne pas être ou faiblement indemnisés.
Il
demande à M. Le ministre de renoncer à modifier la gouvernance du
FIVA, de conserver les dispositions réglementaires actuelles
définissant les pouvoirs et la composition du conseil
d’administration, de renforcer les moyens pour les victimes de
faire valoir leurs droits, qui rencontrent tant de difficultés pour
la reconnaissance de la mise en cause grave et souvent irréversible
de leur santé.
Version imprimable
Retour
|
|