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Mercredi 8 juin 2011 - Réponse à un commentaire de Bob Injey paru sur le site du journal L'Humanité
Il est temps de respecter la souveraineté des communistes
Il
faut rester serein lorsque nous parlons de l’avenir du parti
communiste français. Trois jours avant le Conseil national d’avril,
j’ai posé la question suivante à Pierre Laurent : « si Jean-Luc
Mélenchon n’est pas élu à la conférence nationale, que se
passe-t-il ? » sa réponse fut immédiate : « Ce n’est pas
possible vis-à-vis de nos partenaires, ils n’accepteront
pas ».
J’avais la confirmation que le préalable d’un
accord était la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la
présidentielle sinon plus de Front de gauche. Dans ces conditions,
où est la loyauté quand, dès janvier, Pierre Laurent dément
s’être rangé derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Tout ce qui s’est passé depuis prouve exactement le contraire.
Il
est temps d’écouter, de respecter la souveraineté des
communistes, ce qu’à commencé à faire la Conférence nationale
en décidant d’effectuer une sorte de primaire avec, en
particulier, la candidature d’André Chassaigne mise au vote des
communistes.
En proposant de soutenir Jean-Luc Mélenchon avec
63,6 %, la Conférence a produit un acte faible. Je n’ai pas vu de
frissons ni d’enthousiasme dans la salle.
Je n’arrive pas
du tout de me faire à l’idée d’un illusoire accord global pour
désigner un ex-dirigeant socialiste qui mènerait la campagne des
présidentielles pour les communistes ; un ex-dirigeant du PS, fidèle
parmi les fidèles de François Mitterrand, bien silencieux sur les
privatisations sous le gouvernement Jospin et sur toutes les impasses
qui ont été faites sur le programme partagé.
Les
communistes sont majoritairement attachés à l’avenir du Parti
communiste français. Pour beaucoup d’entres-eux, ils utilisent le
Front de gauche par défaut et même à reculons.
Avec mon
franc-parler, j’ai l’habitude d’être loyal et direct. Les
logiques d’appareil, nous avons déjà donné surtout lorsque nous
laissons de côté des dizaines de milliers de militants communistes
qui ont quitté le Parti communiste ces 15 dernières années. Je
respecte le point de vue de Bob Injey mais je pense surtout que nous
avons besoin de respecter les communistes en adultes. Ils n’ont pas
besoin de prêt-à-porter ni de maître-à-penser.
J’espère,
et c’est mon combat, que Jean-Luc Mélenchon, s’il est élu, soit
le plus mal élu possible, et Surtout, que la souveraineté des
communistes soit respectée, renforcée après cette
consultation.
Nous avons besoin, plus que jamais, de retrouver
la confrontation, le débat, le respect mutuel, de sortir de la
pensée unique.
Mardi 7 juin 2011
- Le commentaire de Bob Injey lu sur le site
du journal L'humanité
Gerin,
Chassaigne et le Front de gauche
Au lendemain
de la conférence nationale, où il avait annoncé le retrait de sa
candidature, André Gerin vient d'apporter son soutien à André
Chassaigne avec un objectif clairement exprimé: « Si Jean-Luc
Mélenchon n'est pas désigné, il n'y aura plus de Front de gauche
».
Le procédé n'est pas loyal à l'égard d'André
Chassaigne qui place son action dans la démarche du Front de Gauche.
Ses propos lors de la conférence traduisent sa volonté de maintenir
sa candidature pour répondre à celle des communistes de pouvoir
choisir, en aucun cas pour «en finir avec le Front de
Gauche».
Certes si les communistes choisissaient André
Chassaigne, l'accord actuel du Front de Gauche serait remis en cause
et notre entrée en campagne serait retardée. Par ailleurs pour
parvenir à un nouveau accord que faudrait-il faire ? Laisser le
double ou le triple des circonscriptions à nos partenaires? Il est
dommage que les camarades qui le soutiennent sincèrement occultent
cet aspect.
Le procédé d' André Gerin est aussi bien peu
respectueux des délégués à la conférence nationale. De manière
très large ils ont exprimé la volonté que tous les noms figurent
sur le bulletin de vote. Avec ce retrait, beaucoup de communistes qui
veulent pouvoir décider sur des noms,mais au-delà sur des
orientations stratégiques, peuvent légitimement considérer qu'on
cherche à les instrumentaliser.
Et effectivement la
déclaration d'André Gerin pointe la réalité de l'enjeu du vote
des communistes les 16, 17 et 18 juin. Ce n'est pas le choix d'un
individu, mais bien celui de la mise en œuvre d'une orientation
stratégique, celle du Front de Gauche.
Cette petite manœuvre
politicienne tente de dévoyer une réalité: les communistes sont
très majoritairement attachés à la réussite du Front de
Gauche.
En proposant aux communistes de soutenir Jean Luc
Mélenchon à la présidentielle, les délégués ont produit un acte
fort. En décidant que le PCF désigne ses candidats dans 80% des
circonscriptions, nos partenaires respectent la place du PCF.
Ce
choix d'un accord équilibré, présidentielle et législatives,
permet de prolonger et d'amplifier la dynamique engagée depuis
2009.
Ce choix est de nature à répondre à l'urgence de la
situation. Les résultats au Portugal, après la Grèce ou l'Espagne,
sont marqués par la force de l'abstention et la victoire de ceux qui
prônent plus d'austérité.
Dans ce contexte notre
responsabilité est importante pour ne pas contribuer, nous aussi, à
tuer l'espoir par des choix étroits. Le choix de l'accord du Front
de Gauche proposé par la conférence nationale est le seul qui
puisse contribuer à ouvrir une perspective de rassemblement et
d'espoir.
Bob Injey
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